J'ai lu la Maitresse de Guerre de Gabriel Katz

La Maitresse de Guerre – Gabriel Katz

Fantasy – éditions scrinéo jeunesse 2013

Version papier – chez pocket




L’H I S T O I R E



Dans le même univers que celui du Puits des mémoires, Kaelyn, fille d’un maître d’armes, rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Elle s’engage donc dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes…



M O N   A V I S



J’arrive bien après la guerre, ce roman ayant déjà été lu et chroniqué par une multitude de personnes, mais mieux vaut tard que jamais.  J’ai découvert les romans de Gabriel « dans le désordre », c'est-à-dire sans respecter leur ordre chronologique de parution. J’ai commencé par la duologie Aeternia (coup de cœur intersidéral), puis j’ai poursuivi avec la trilogie Le Puits des Mémoires (très bon moment de lecture) et j’ai enchainé avec la Maitresse de Guerre.



A vrai dire, ce roman était dans mon étagère depuis pas mal de temps. Au moins deux ans, au bas mot. Et je n’avais jamais pensé à l’en sortir, parce que j’avais lu et entendu dans la multitude de chroniques que c’était le « moins bon » de l’auteur. Que le personnage principal était une nana agaçante. Et j’en passe. Influencée négativement par la masse, j’avais délaissé ce livre et je me demandais même si j’allais le lire en fin de compte.



Et ça aurait été une belle erreur de ne le pas le découvrir car j’ai passé un super moment, comme avec les autres romans de fantasy de l’auteur ! Gabriel Katz a un talent indéniable pour la création d’univers et pour la narration. Il m’a complètement embarquée dans son histoire, j’ai ressenti une réelle jubilation en accompagnant Kaelyn à travers ses aventures. J’ai été heureuse de retrouver cet univers (le même que dans Le Puits des Mémoires et Aeternia) comme si je partais en pèlerinage ! Et encore une fois, tout est là, la plume précise et ciselée, l’humour, les scènes de bagarres épiques, les manipulations et complots politiques, la perfidie typiquement féminine, …j’adore !



Kaelyn est l’héroïne badasse par excellence. Elle est née avec une épée dans la main, et semble n’avoir peu de rien. Elle se montre insolente et impulsive, comme une nana de 20 ans qui découvre la vie en fait ! et d’autant plus qu’elle est née guerrière et qu’elle est entourée de mecs qui ne pensent qu’à la sauter et ne conçoivent pas qu’une femme puisse faire office ailleurs que dans une chambre ou dans une cuisine. On peut comprendre qu’elle soit en révolte et dans la provoc…Si certains lecteurs ont pu la trouver énervante, je l’ai juste trouvée extrêmement juste et cohérente.



De même pour le personnage d’Hadrian, le maitre de guerre qui va accepter de la « former » au combat et à la stratégie militaire. On n’en saura pas beaucoup sur ce qu’il pense, il se montre souvent arrogant et indéchiffrable, mais n’est ce pas le caractère que l’on attend d’un tel personnage ?



Gabriel Katz ne cherche pas à nous proposer des personnages parfaits. Il nous les livres avec leurs qualités et leurs défauts, et avec une connaissance très fine de la psychologie humaine.



 Certes, on évolue dans un univers qui a été complètement inventé par l’auteur, avec un brin de magie noire qui lui donne une dimension imaginaire, mais la psychologie des personnages est extrêmement réaliste.



C’est sans doute la raison principale qui me pousse à faire découvrir les romans de Gabriel autour de moi : peu importe que vous ne soyez pas féru de fantasy, vous vous y retrouverez forcément.



Il n’est pas question de vous perdre avec une multitude de noms de lieux compliqués ou une rimbambelle de personnages aux noms exotiques et imprononçables. Tous ces aspects sont justement dosés, et n’empêchent pas du temps de s’immerger dans l’univers.



La plume de l’auteur est tellement drôle. Ce serait dommage de passer à côté.  Surtout qu’ici, il dénonce les inégalités hommes/femmes avec beaucoup de cynisme, des situations cocasses, des répliques cinglantes qui m’ont donné l’occasion de rire à bien des égards.



Si je dois déplorer certains aspects du livre, ce serait sans doute la fin : jubilatoire, certes, mais un peu attendue à mon goût. 



Je suis ravie d’avoir sorti ce roman de ma pile à lire, d’autant qu’il était préférable d’être « à jour » pour pouvoir savourer le tome 1 de « la Part des Ombres », qui m’attend sagement sur l’étagère, avant de me plonger dans le 2ème tome qui doit paraître tout prochainement chez Scrineo ! De futures lectures qui s’annoncent extrêmement agréables… il me tarde de m’y plonger et de retrouver l’univers de l’auteur.



Je ne peux que vous encourager à découvrir Gabriel Katz et son univers, et si possible, faites le avec la Maitresse de Guerre : c’est un one-shot, le personnage principal est une nana badasse (c’est quand même assez rare en fantasy, non ?) et vous y trouverez tous les ingrédients d’un roman fantasy bien maitrisé !

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