mercredi 3 décembre 2014

Sortilège, d'Alex Flinn

Sortilège
titre original: Beastly
d'Alex Flinn 
**
FantastiqueHachette Black Moon 2007
331 pages
lu en: octobre 2014

Acheté d'occasion 1 euro 
brocante du 05/10/2014







Quatrième de couverture


Je suis un monstre.
Pourtant, autrefois, j'étais le type parfait: grand, beau, riche, et...attrocement méchant.
Je n'aimais que moi et c'est pour cela qu'un sort m'a été jeté.
Je suis devenu une bête difforme, velue, monstrueuse.
Il me reste deux ans pour être aimé d'une jeune fille, sinon...
Ceci n'est pas un conte de fées.
Mon histoire prend place aujourd'hui, en plein coeur de New York.
J'espère que quelqu'un va venir à mon secours.

L'amour saura-t-il me trouver...et me sauver ?

Mon avis: 

J'attendais de ce livre qu'il me détende. Je n'en attendais rien de particulier, et en un sens, tant mieux.

Il s'agit d'une réécriture du conte de la Belle et la Bête, à la sauce moderne. Une bonne idée en soi, sachant qu'à la base j'aime beaucoup cette histoire. Cette fable qui dénonce le culte de l'apparence semble indémodable, et prend aujourd'hui un sens particulier, dans notre société qui place l'esthétisme au centre de tout.

Kyle, un lycéen friqué, fils d'un présentateur de JT, un égoïste qui l'a élevé dans le culte de la beauté, fait la pluie et le beau temps dans son bahut. Adulé de tous, populaire, il collectionne les jolies filles et méprise volontiers ceux qu'il estime indigne d'intérêt.

A l'occasion du bal de fin d'année, il se comporte comme un gros connard avec une jeune fille de son lycée, qu'il humilie cruellement. Très vite, il est rattrapé par son attitude: cette jeune fille est en fait une sorcière, qui décide de lui donner une bonne leçon et lui lance un sort. Il sera transformé en bête hideuse, et devra, pour contrer le sort, se faire aimer et recevoir un baiser d'amour dans les deux ans. Sinon, il restera à jamais un monstre.

Le personnage de Kyle m'a vite gavée, je ne m'y suis pas du tout attachée. C'est une vraie caricature du lycéen-beau gosse-imbu de sa personne, cruel, méprisant. Certes, son personnage prend une autre tournure par la suite, puisque le mauvais sort dont il est victime lui fait voir la vie sous un autre angle et revoir ses préjugés sur la beauté. Sa "monstruosité" le rend sensible à d'autres formes de beauté que celles à laquelle il était obsédé auparavant: l'art, la poésie, les roses...Malgré tout, même le "nouveau Kyle" ne m'a pas convaincue. Un peu trop lisse, sans doute. Je n'ai pas été émue plus que ça par son sort.

Par contre, j'ai beaucoup aimé le personnage de la jeune sorcière. C'est l'élément perturbateur de l'histoire, elle met du piment dans le récit. Elle apparait non seulement au moment de lancer le fameux sortilège, mais également à plusieurs reprises par la suite, puisqu'elle reste en contact avec Kyle qui s'adresse régulièrement à elle. Avec ses répliques cinglantes, elle m'a fait bien rire.

Evidemment, Kyle finit par rencontrer sa "belle", la fille au coeur pur qui est susceptible de voir en lui non pas le monstre hideux qu'il est devenu, mais l'être humain sensible, cultivé, doté d'une beauté intérieure. Il s'agit de Lindy, une fille insipide à laquelle il n'a jamais prêté attention au lycée. Ce personnage aurait gagné à être un peu moins lisse là aussi, Lindy est bien sous tous rapports, gentille, intelligente, passionnée par les livres, elle mise sur la réussite scolaire pour sortir du milieu défavorisé dont elle est issue. Son père est méprisable: toxicomane, il n'hésitera pas à sacrifier sa fille pour sauver sa peau. C'est ainsi qu'elle se retrouvera cloitrée dans la maison de Kyle, terrorisée, condamnée à vivre aux côtés d'une bête. Et encore, même en sachant que son père est un looser, elle retourne quand même le retrouver dans la dernière partie du récit parce qu'elle s'inquiète pour lui. Elle est juste "trop bien", cette fille, en fin de compte !

Question paternel, Kyle n'est pas gâté lui non plus puisque son père, qui ne se préoccupe que de son physique et de son succès professionnel, a honte de son fils qui a été transformé en bête hideuse, et décide tout bonnement de l'enfermer dans une maison à l'abri des regards. Très sympa.

C'est ce que je reproche à ce roman: son traitement trop manichéen. Les gentils sont très gentils, les méchants sont très très méchants. On reste donc dans le conte pour enfants: dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de réécrire le conte si on ne va pas plus loin dans la façon de traiter le sujet. De ce fait, je trouve ça un peu dommage.

Le seul point sur lequel l'auteur a réussi son coup, à mon sens, c'est en faisant tchater Kyle sur un forum avec d'autres personnes victimes de mauvais sort: un type transformé en grenouille, une sirène qui veut devenir humaine, ... les clins d'oeil aux autres contes étaient bienvenus, et le côté "tchat sur internet" apporte une touche de modernité raffraichissante. 

En fin de compte, cette histoire est une romance agréable, une lecture légère-pas-prise-de-tête, mais je ne pense pas être le public visé. Voilà tout.

Ce que je retiendrai de ce livre:

Une jolie romance et une dénonciation du culte de la beauté, qui auraient gagné en intérêt si le sujet avait été un peu plus creusé et abordé de façon moins manichéenne. 


Toutefois, ce roman ravira sans doute le jeune public auquel il s'adresse. 

4 commentaires:

  1. Grosse coïncidence, je viens juste de finir de le relire!
    Personnellement je l'ai adoré comme à ma première lecture, la Belle et La Bête étant mon conte préféré, mais il est vrai que ce livre reste assez "enfantin" et le public visé est clairement les jeunes filles aimant les histoires à l'eau de rose ^^
    As-tu vu l'adaptation cinématographique?

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    1. Merci pour ton passage par ici Madelyne !
      Je vois que les grands esprits se rencontrent !
      Je n'ai pas vu l'adaptation ciné, mais si l'occasion se présente, je matterai le film. Je me vois bien regarder ça un soir de solitude (avec mon mari à côté, ce serait clairement impossible quoi...) pendant les vacances de Noël, avec un bon chocolat chaud ou des kinder, ou peut être meme les deux soyons fous !
      tu l'as lu en VO ou en VF ?
      bisous !!

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  2. Nine me l'a offert en VO, peut être que sa simplicité le rendra du coup plus accessible dans une langue non maitrisée à 100%. A voir. Comme tu le sais je suis juste frapadingue de La Belle et la Bête (non, non pas du tout) donc bon... je me sentais un peu obligé de le lire. Même si les avis sur la version française n'étaient justement pas très élogieux, on m'a dit que du bien de la VO.
    J'aurais vu le film avant, bon. Mais il y a longtemps, donc je vais pouvoir peut être me refaire une idée.
    Des bisous Fann

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    1. Merci pour ce petit mot Margaud !
      Effectivement, je pense que j'aurais du lire ce livre en VO. Le style m'a paru simpliste en français mais peut être qu'en langue originale, ce trait aurait été gommé et puis ça m'aurait donné l'occasion de lire en anglais, ce qui est toujours bon à prendre.
      Je sais bien que tu es frappée de la Belle et la Bête, en même temps c'est une si belle histoire. C'est un des contes de fée les moins pathétiques je trouve, et mrs Samovar est tellement chou !
      J'espère que tu apprécieras ta lecture en VO et que tu retrouveras tous les aspects que tu aimes dans ton conte préféré !
      bisous !!

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