jeudi 11 décembre 2014

Le Manuel du Serial Killer, de Frédéric Mars (thriller)



Frédéric Mars, le Manuel du Serial Killer
***
Thriller
Hachette Black Moon
462 pages


Lu en décembre 2014
lecture commune avec Caroverdelivre
dans le cadre de son rendez-vous "Qui m'aime me suive"






Quatrième de couverture: 

Dans deux heures ou trois heures tout au plus, ce garçon sera mort.
Je vous raconte la suite? 
Les hululements de douleur du môme qui se tient le ventre à deux mains ?
Ses convulsions sur le sol de la cuisine familiale ?
Les cris de la mère qui découvre son fils déjà quasi exsangue ?
Raide comme une batte. 
Vidé ou presque de son sang, 
écrasé comme un petit cafard sur le carrelage immaculé.
Les yeux du gamin ont cessé de papillonner.
Le coma ne va pas tarder à l'emporter.
Même avec la meilleure volonté du monde, le médecin ne sera pas sur place avant plusieurs minutes.
Et sans soins immédiats, il va...
Alors, je vous raconte la suite? 
Non.
Je vais plutôt vous parler de moi. C'est ça, de moi seul.
La mort est en moi. Là dans la tête. Elle y a toujours été comme chez elle. 

Mon avis.

Je me rends compte, en m'attelant à la rédaction de cette chronique, que j'aurais du lire la 4ème de couverture avant de me lancer dans cette lecture. Je pense que celle-ci en dit beaucoup plus qu'on ne le croit, enfin, c'est le sentiment que j'ai maintenant que j'ai terminé le livre. Autant vous prévenir, la rédaction de ce billet risque d'être fastidieuse. J'ai aimé ce livre et en même temps je suis en rage depuis que je l'ai lu. L'explication se trouve essentiellement dans le dénouement, que je ne souhaite pas vous dévoiler (ce serait nul de ma part), ce qui va rendre d'autant plus compliqué de vous expliquer mon ressenti. 

Bon allez, je me lance. 

Avec ma fidèle comparse de lecture Caro, nous nous sommes lancées dans ce livre, qui a beaucoup retenti dans la blogosphère à l'époque de sa sortie. Moi, comme d'habitude, j'étais complètement passée à côté du battage médiatique (je vous ai déjà dit que je vivais dans une grotte?), et je suis tombée sur ce livre au hasard d'une brocante. C'est le titre et la couverture qui m'ont donnée envie de le lire. Et je n'ai pas vraiment lu le résumé, je m'attendais à une histoire à la Dexter (Cf. le titre) et je suis partie sans a priori.

Il est question d'un jeune homme, Thom Harris, qui intègre la prestigieuse Université d'Harvard. Depuis le plus jeune âge, il est atteint d'une infirmité à l'oeil (en fait, il a un oeil tout blanc, ce qui le rend complètement flippant et faire fuir tout le monde autour de lui), ce qui a fait de lui un garçon solitaire, rejeté de tous, sans réelle attache affective. Il a grandi dans un orphelinat après la mort de ses parents, qui a été un tel traumatisme pour lui qu'il n'en a plus de souvenirs. 

En tant que "pupille de la nation" en quelque sorte, il est rendu bénéficiaire d'une bourse lui permettant d'aller étudier la littérature à Harvard: le rêve ! Seule contrepartie: compte tenu de son enfance difficile et du traumatisme qu'il a subi à la mort de ses parents, il devra suivre un suivi psychologique régulier. 

L'histoire se corse lorsqu'il se retrouve à travailler pour le journal de l'Université, ce qui l'amène à suivre un inspecteur dans son enquête sur une série de meurtres ayant frappé Boston ces derniers jours: de jeunes garçons sont morts dans d’atroces souffrances, dans des circonstances mystérieuses. 

L'expérience du journalisme n'étant pas concluante pour Thom, il finit par intégrer une maison d'édition, et découvre au rang des manuscrits en attente d'être publiés, le fameux "manuel du serial killer"...qui sera publié quelques jours plus tard sous son nom! 

Voilà, je crois que je ne peux pas en dévoiler beaucoup plus. 

En suivant l'enquête sur les meurtres d'enfants, Thom sera finalement amené à se confronter à des souvenirs profondément enfouis, à son enfance, à ses parents. La publication du Manuel du Serial Killer va lui causer de nombreux problèmes, et va le placer sous les projecteurs, lui qui aime tant rester en retrait, seul dans son coin... Cette histoire sera finalement une quête de vérité pour Thom qui devra découvrir les pages les plus sombres de son passé. 

Sur ce point, l'auteur a bien fait son job. Le Manuel du Serial killer est un bon thriller, il se lit très bien, le style est efficace.

Frédéric Mars m'a baladée, je me suis fait avoir pendant toute l'histoire, à me demander qui était derrière tout ça, j'ai échafaudé des plans, vu des conspirations partout etc.  Sur ce point, le boulot a été fait. 

Je ne me suis toutefois pas assez attachée à Thom qui a pourtant tout pour plaire. C'est un jeune homme mal dans sa peau, qu'on aurait bien envie d'aider, et pourtant je n'ai pas senti en moi cette fibre altruiste qui me caractérise habituellement face à ce genre de personnage torturé. 

(J'en viens à me demander si ce n'est pas encore une fois une manœuvre de l'auteur? Ceux qui ont lu le livre en entier comprendront).

et puis surtout, j'ai détesté la fin.

Je me doutais bien que l'auteur nous avait préparé une fin "coup de poing", mais j'étais loin de m'imaginer ce qu'il nous balance en dernières pages, alors pourtant que des indices avaient été semés tout au long du livre...peut-être que je n'avais pas voulu les voir? 

Je suis pourtant habituée à lire des "thrillers retourne-cerveaux" et j'adore me faire avoir, je trouve en général complètement prodigieux qu'un auteur nous mette au cœur d'une histoire rocambolesque, nous fasse échafauder mentalement des hypothèses toutes plus loufoques les unes que les autres, nous fasse soupçonner alternativement chacun de ses personnages pour finalement nous montrer qu'on n'a rien compris depuis le début. En fait. 

Sauf que là, pour moi, ça ne l'a pas fait. Parce que quand vous lisez les dernières pages. vous vous rendez compte qu'il faut relire le livre depuis le début. J'ai eu la sensation d'avoir lu pour rien. C'est quand même un comble, non ?

J'ai le curieux sentiment d'en vouloir à Frédéric Mars, sans vraiment savoir pourquoi. La vérité, c'est qu'au fond je m'en veux sans doute à moi-même, lectrice aguerrie, qui n'ai pas vu venir la chute. En refermant le livre, c'est comme si j'avais Frédéric Mars en face de moi qui pétait de rire en me disant "ha la tête que tu fais ! Je t'ai bien eue !!". 

Et je n'aime pas qu'on se moque de moi. Même si quelque part je l'ai mérité. 

En résumé

Un thriller qui cache bien son jeu, qui m'a emportée, mais dont la fin m'a fait me sentir stupide. 
A lire si vous n'êtes pas aussi susceptible que moi !

2 commentaires:

  1. haaaaaaa tu m'as complètement larguée vis à vis de ce bouquin :)
    il me tente depuis pas mal de temps mais attendais de le trouver d'occasion pour le lire, et puis là, je ne sais plus... d'un côté, il me tente quand même, de l'autre, j'ai un peu peur de la fin... :(
    Bon, je fais quoi moi maintenant?
    *part en concertation avec ses "moi" intérieurs* :)
    Bonne journée

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  2. Ta chronique est vraiment top!
    Apparemment, par contre, on est pas totalement raccord parce que je m'en veux moins à moi que toi à toi. ;D
    Mais dans ta façon d'expliquer le pourquoi les termes sont parfaits et cela me parle totalement :)
    Bisous comparse.

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