vendredi 4 juillet 2014

Voisins et voisines, de Jenny Eclair

Voisins et Voisines

Auteur: Jenny Eclair
Année de parution: 2000
Editions: Florent Massot
Genre: roman
Nombre de pages:416

lu en juin 2014

Acheté d'occaz sur Price Minister

ma note: 5 sur 5
(excellente lecture!)




Quatrième de couverture

Quand la famille Cunningham emménage dans la Maison rose, dans le sud de Londres, Isabelle Metcalf décide que ses nouveaux voisins seront aussi les amis qui manquent à son train-train d’épouse modèle.
Les années passent et les deux familles se rapprochent.
Mais un voisin peut en cacher un autre…
Entre une alcoolique qui s’envoie le plombier, un mari coureur de jupons toujours partant pour une petite ligne, une peste nombriliste et un adolescent prépubère obsédé par son oreiller, pas étonnant que la grosse Pandora, le gentil Chris et le mignon petit Jed (qui sait si bien exprimer la femme qui est en lui) fassent tous la gueule sur les photos de vacances.
Radiographie d’une amitié passée, Voisins et Voisines souligne les désillusions et l’amertume des « bobos » franchissant le cap de la quarantaine.
Un portrait au vitriol d’hommes et de femmes dont le cynisme n’a d’égal que l’amertume d’avoir sacrifié dix années à des amis qu’ils auraient mieux fait de ne pas rencontrer.
« la reine du politiquement incorrect » - Time out
« la comédienne la plus délirante et la plus impitoyable de Grande Bretagne » - Daily Mirror


Mon avis: 

Pourquoi j’ai lu ce livre :
 _ partie où je vous raconte ma vie (sorte d’entrée en matière) que vous pouvez zapper si ma vie ne vous intéresse pas _
 

Ce livre symbolise pour moi, avant tout, une belle rencontre humaine.

Mon frère nous a présenté sa copine, Cécile, il y a quelques mois, et on en est très vite arrivé à parler bouquins (bizarre comme j’arrive toujours à placer ce sujet de conversation lorsque je rencontre une nouvelle personne !).

Oh joie : Cécile aime la lecture et elle a un petit côté Rock’n roll qui me plait beaucoup.

Elle me dit avoir adoré une comédie assez trash, « Voisins et voisines », et me le recommande chaudement.

Je me dépêche de l’acheter via price minister.

Aussitôt reçu, je me jette dessus.

Et là, c’est le choc, j’adore totalement le ton sarcastique de l’auteur, le côté effectivement « trash » de cette histoire, les personnages, tout !!!
Cette lecture m'a confirmé que je ne pouvais que m'entendre avec ma belle sœur puisqu'il faut avoir un certain état d'esprit pour apprécier ce roman...
 
Voisins et Voisines n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il faut, pour apprécier ce roman à sa juste valeur, avoir un côté « second degré », aimer l’humour noir, ne pas s’attendre à un roman bien-pensant et classique. Ce livre sort complètement du rang, et m’a à de multiples reprises arraché des « oh non !!!! » et des soupirs de dégoût, ce qui ne m’a pas empêché de le lire avidement. C’est un peu bizarre, un peu comme quand vous êtes horrifié devant un film d’horreur, que vous vous cachez les yeux avec les mains, mais que vous continuez quand même à regarder l’écran entre vos mains…

Le pitch :

Ce livre nous raconte comment deux familles de bons citoyens de la banlieue chic de Londres deviennent voisins puis amis, puis finissent par totalement déchanter et se détester. Scénario un peu facile, me direz vous.

Mais tout le génie de ce roman, c’est de nous livrer, à travers les points de vue successifs des différents personnages, des pensées profondes peu avouables qui nous en disent long sur la nature humaine. On assiste tantôt au désarroi d’Isabelle, mère de famille qui veut atteindre une sorte de perfection domestique mais qui passe son temps à envier sa voisine, Anna, qui est tout son contraire : naturellement belle et « racée », incapable de cuisiner un bon petit plat, désinvolte et frivole,… tantôt au cynisme exacerbé d’Anna, qui regarde les membres de sa famille et ses amis avec une distance froide, très imbue de sa personne, qui méprise son mari pour lequel elle ne ressent aucune attirance physique, qui désespère d’avoir une fille obèse,…et quand on connait les pensées profondes de leurs maris respectifs, ce n’est pas plus reluisant !!

Durant toute la lecture de ce livre, je pensais à la série Desperate Housewives.

Anna, c’est un peu Gabriele Solis : la belle nana, très portée sur la mode, l’apparence…qui désespère quand elle regarde ses enfants : Juanita qui est une boulette et qui n’est pas féminine pour deux sous, et Célia, qui n’a pas inventé l’eau chaude…

 Isabelle, c’est un peu Bree van de Kamp : femme au foyer parfaite, dévouée à son mari (qui la trompe à tour de bras), dévouée à ses enfants (monstres d’égoïsme), qui va finir par se révéler une toute autre femme du fait des épreuves que la vie lui fera traverser.
 
Toutefois, ce livre n’a pas le ton très « propret » et très « donneur de leçons » de Desperate Housewives. Pas de voix off qui vous rappelle qu’il faut être un bon catholique et un bon citoyen sous peine d’être sévèrement puni. Ici, il n’y a pas de filtre entre les personnages et le lecteur, et c’est vraiment jubilatoire.

Je pense que je n’oublierai jamais le personnage d’Anna. Elle est tellement immorale, et surtout si drôle !

Quant à la fin, quelle claque !! L’auteur avait pourtant semé des indices, mais j’étais tellement omnubilée par les pensées des personnages que je me suis faite surprendre…et cette fin est à la  hauteur de tout le livre : trash et drôle à la fois. Un coup de maitre !

Ce que je retiendrai de ce livre :

Par des allers-retours entre les différents personnages et également des alternances passé-présent, l’auteur dissèque les relations humaines avec pertinence et impertinence !

Je vous conseille vivement ce livre si vous aimez l’humour britannique empreint de cynisme !
 

4 commentaires:

  1. Je retiens de ta chronique que la copine de ton frère est rock'n'roll ^^
    Mais aussi que ce livre semble être d'un ton que j'affectionne fortement : trash, humour noir, les humains dans toute leur splendeur.
    Le summum : il est disponible dans ma bibliothèque :)
    Donc hop je me l'ajoute sur ma liste de futurs emprunts.
    Bisous.

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    1. clairement, ma belle sœur déchire, et je pense vraiment que le ton de ce roman te saura te séduire, car toi aussi, Caro, you rock baaaaby !! bisous

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