lundi 14 juillet 2014

la Bicyclette bleue, de Régine Deforges

la Bicyclette bleue
(tome 1)
Auteur: Régine Deforges
Année de parution: 1981
Editions: le livre de poche
Genre:  roman historique
Nombre de pages:413

lu en: juillet 2014

Acheté au Furet du Nord

ma note:  4 sur 5
(bon moment de lecture)
 




 
Quatrième de couverture
1939. Léa Delmas a dix sept ans.
Sa vie se résume aux senteurs de la terre bordelais, à la lumière des vignobles, 
à la tendresse des siens.
La déclaration de guerre va anéantir l'harmonie de cette fin d'été,
 et jeter Léa dans le chaos de la débâcle, de l'exode, de la mort et de l'occupation nazie.
Léa va être contrainte à des choix impossibles.

"La Bicyclette bleue" est le premier volume d'un roman épique,
une grande fresque romanesque qui se déroule entre 1939 et les années 1960.


Mon avis: 

En ce jour de fête nationale, ce roman historique tombe plutôt bien. Il s'agit pour moi d'une relecture, puisque j'ai eu l'occasion de lire ce roman lorsque j'étais ado. Je me souvenais surtout du côté "romance" et assez peu du côté "historique" (vous me direz, c'est souvent le sens des priorités caractéristique chez une ado...). C'est donc avec plaisir que j'ai redécouvert ce livre avec mes yeux d'"adulte".

Un roman historique, mais pas encyclopédique

A travers les aventures de Léa Delmas, jeune fille impétueuse de 17 ans, nous sommes plongés au cœur des évènements de 1939: la déclaration de guerre, puis la débâcle, la capitulation du maréchal Pétain, l'occupation allemande et la politique collaborationniste du régime de Vichy (notamment en ce qui concerne l'arrestation des juifs). L'auteur nous livre de façon très documentée les témoignages de cette sombre époque. Les horreurs auxquelles Léa est confrontée font d'autant plus froid dans le dos qu'elles sont bien réelles. Mes connaissances en histoire ne sont pas suffisantes pour juger du travail de recherche de Régine Deforges et pour déceler les éventuelles libertés qu'elle a pu prendre avec l'Histoire. En tous cas, tous les évènements décrits semblent bien réels et concordants. Je retiendrai notamment l'épisode de l'exode, et le récit à travers la lettre de Sarah, de la rafle du Vel d'Hiv.

A vrai dire, cette fresque romanesque offre à son lecteur l'occasion de redécouvrir l'histoire de la seconde guerre mondiale, avec passion et effroi. Car à travers les différents personnages du roman, on découvre une France aux multiples facettes:
- le peuple d'abord assez naïf quand aux chances de l'Armée française de remporter cette guerre, puis aveuglément confiant à l'égard du gouvernement de Maréchal Pétain (incarné par le personnage de Laure, la jeune sœur de Léa)
- les français collabos, volontiers antisémites, qui cherchent à se faire bien voir par l'Occupant pour en tirer des avantages personnels (incarné par le personnage de l'oncle Luc Delmas)
- les français résistants, répondant aux ordres que le Général de Gaulle lance depuis Londres, et qui mettent leur vie en danger pour défendre un idéal de liberté (incarné par le personnage de l'oncle dominicain Adrien Delmas, par Laurent d'Argillat, mais aussi par Léa et Camille)
- les juifs, contraints à vivre cachés ou à fuir (incarné par le personnage de Sarah Mülstein)

Léa Delmas: le passage à l'âge adulte

Pendant la première moitié du livre, le personnage de Léa m'a profondément agacée. Elle incarne l'adolescente dans ce qu'elle a de plus égoïste, de plus impétueux. Léa est une fille à papa, qui a vécu une enfance privilégiée dans le domaine vignoble de Montillac, entourée par de nombreux proches soucieux de son bien-être. A 17 ans, c'est encore une enfant, qui a besoin de l'affection de ses parents et de se retrouver dans la nurserie où elle a passé ses jeunes années, où elle trouve refuge chaque fois qu'elle n'obtient pas ce qu'elle veut.

Au fil de l'histoire, confrontée à la peur et à la mort, Léa prend un peu plus de relief. Elle reste tout de même insupportable dans sa façon de traiter les hommes qui l'entourent comme des jouets, mais se montre courageuse et loyale: envers Camille, qu'elle n'apprécie pourtant pas, mais sur qui elle a juré de veiller, puis envers sa famille, lorsque le domaine de Montillac périclite et qu'il faut faire face aux difficultés du ravitaillement. Par la suite, elle n'hésite pas à prendre des risques pour participer aux actions de la Résistance. Elle est contrainte de murir face au décès de sa mère, puis de son père. Elle finit donc par devenir sympathique, mais il faut pour cela s'armer de patience.

A plusieurs reprises, Léa est décrite comme un petit animal qui a besoin d'être nourri et caressé: c'est exactement l'impression qu'elle m'a donnée. Je n'ai pas compté les scènes de volupté mais elles jalonnent l'action. Si Léa est vierge au début du livre, elle ne le reste pas longtemps et, chose étonnante, semble "faite pour l'amour" si on reprend les mots de son premier amant, François. Et oui, même si Léa ne connait rien au sexe, elle jouit de façon quasi instantanée, ne s'encombre pas de pudeur ou de timidité...(mouais...biensûr...) (un petit côté Anna Steele dans 50 nuances de Grey ?). De même, elle ne s'encombre pas de sentiments car même si elle se proclame amoureuse de Laurent d'Argillat, elle ne se culpabilise pas de coucher sans retenue avec François ou encore avec son ami d'enfance Mathyas. Tout de même, la guerre n'excuse pas tout !
Léa est donc un personnage féminin marqué par les excès: excès d'orgueil, de sexe, de bouffe et d'alcool, c'est sans doute ainsi que Régine Deforges a voulu décrire l'âge adolescent, avec ses inévitables abus, et donc l'insouciance trouve ici rapidement un terme face aux évènements de la guerre.

Chouette, un bon vieux triangle amoureux !

Qui dit romance dit triangle amoureux ?

Léa a jeté son dévolu sur Laurent d'Argillat, qui, bien qu'il semble éprouver des sentiments pour elle, a décidé d'épouser Camille, une jeune femme à l'opposé de Léa: calme, dévouée, cultivée. Léa ne s'avoue pas vaincue pour autant et n'a de cesse, durant tout le roman, de chercher à séduire Laurent et à devenir sa maitresse, pour avoir la fierté de l'avoir "possédé". Elle considère que son âme appartient à Laurent et de ce fait, elle va accepter de veiller sur Camille, enceinte, pendant que Laurent est au Front.
Si Laurent a un côté chevaleresque à travers sa figure de résistant, le mystérieux François Tavernier, qui sera son premier amant, est pourtant nettement plus intéressant. On ne sait pas trop quel rôle il joue dans cette guerre, il a tantôt un pied au Gouvernement, tantôt un contact avec la résistance. Surtout, il apparait toujours comme par magie pour aider Léa et les siens lorsqu'ils sont en mauvaise posture. François semble beaucoup plus vieux que Léa (il l'appelle à plusieurs reprises "mon petit", "mon enfant") et beaucoup plus expérimenté. C'est dans ses bras qu'elle découvre le sexe et l'alchimie entre eux est indéniable. Si François s'avoue assez rapidement amoureux de la jeune fille, celle ci ne cessera pourtant de l'utiliser à sa guise, sans lui témoigner le moindre élan (si ce n'est peut être à la fin, lorsqu'elle l'aperçoit au fond de l'Eglise le jour des obsèques de son père).
bien sûr, j'espère vivement que Léa finira par admettre qu'elle est amoureuse de François dans les prochains tomes car ils semblent bel et bien faits l'un pour l'autre.

Ce que je retiendrai de ce livre:

un romance bien documentée, qui m'a fait redécouvrir la France de 1939 de façon bien plus intéressante que mes cours de lycée. On ne s'ennuie pas un instant à la lecture de ce livre, qui alterne avec intelligence évènements historiques et destins des personnages.








2 commentaires:

  1. Je connais La bicyclette bleue mais je n'ai encore jamais lu Régine Desforges ! J'aime ce que tu en dis dans ta chronique, ça me donne bien envie de l'ajouter à ma longue WL ! ;)

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  2. Je connais bien entendu ce livre de nom mais je n'ai encore pas eu l'occasion de le découvrir, je ne pense pas que ce sera pour tout de suite mais c'est certain que je me lancerai un jour vu tout ce que j'en lis un peu partout.
    D'autant plus que je suis toujours curieuse quand il s'agit de le seconde guerre mondiale.

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