mercredi 15 janvier 2014

Mon avis sur "La Cité des Jarres", d'Analdur Indridason

La Cité des Jarres
Auteur: Analdur Indridason
Année de parution: 2000


Editions: Métaillé


Genre: thriller

Nombre de pages: 286
lu en: janvier 2014

Emprunt médiathèque

ma note: 4 sur 5
(bon moment de lecture )

Sur livraddict:  c'est ici
Quatrième de couverture

Pourquoi l'inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l'assassin d'un vieil homme dans l'ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans ?

Pourquoi mettre toute son énergie à trouvé qui a tué celui qui s'avère être un violeur ?
Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ?
Comment résister à l'odeur des marais qui envahit tout un quartier de Reykjavic?
A quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée pudiquement la Cité des Jarres?
Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri?
Erlendur le colérique s'obstine à tenter de trouver les réponses à toutes ces questions.
Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-entend les vieilles sagas qu'au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver. Il reprend leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et de leurs conséquences lointaines.

La Cité des Jarres a obtenu le prestigieux prix Clé de Verre du roman scandinave. Il figure en tête des listes des best sellers en Allemagne et en Angleterre. 


Mon avis: 

Sur les conseils de ma chef qui est une grande amatrice de littérature nordique, je me suis lancée dans la découverte de l'oeuvre d'Analdur Indridason, dont je n'avais jamais entendu parler, et qui est pourtant assez connu parmi les auteurs de thrillers. 

Les personnages 

Je commencerai par vous présenter ses personnages récurrents, puisqu'ils sont présents dans toute une série d'enquêtes, que je me suis mise à lire dans leur ordre chronologique de parution.

Le personnage phare est l'inspecteur Erlendur. Il a la cinquantaine et vit seul dans un petit appartement. Ses enquêtes prennent toute la place dans sa vie: il n'a pas de vie amoureuse, pas de vie sociale, pas de vie de famille. Le soir, il mange des plats préparés bien gras, et lit des histoires de disparitions mystérieuses en Islande dans son fauteuil, où il finit en général par s'endormir tout habillé.
Erlendur a été marié et a eu deux enfants, un fils et une fille, aujourd'hui jeunes adultes. Il a quitté sa famille alors que ses enfants étaient petits, et aujourd'hui, il entretient des relations distantes avec eux. Sa fille, Eva Lind, a repris contact avec lui et ne cesse de le tourmenter: elle apparait et disparait de sa vie au rythme de sa consommation de drogue, elle revient le voir lorsqu'elle n'a plus d'argent pour se fournir. Il passe son temps à s'inquiéter pour elle, mais sans lui dire bien sûr, car la communication n'est pas son fort. Il découvrira dans cet opus qu'Eva Lind est enceinte (elle ne connait pas le père) et va l'aider à se sevrer de la drogue dans l'espoir qu'elle devienne une bonne mère. 

Erlendur est un personnage taciturne mais attachant. C'est un homme marqué par la vie, on en apprendra un peu plus sur lui et sur son passé dans chacun des romans de l'auteur, et j'ai trouvé qu'on l'appréciait un peu plus à chaque livre lu.

Erlendur mène ses enquêtes avec deux fidèles collègues:


  • Siguldur Oli (comme son nom l'indique, c'est un homme, lol), trentenaire cynique, un peu chochotte. Il a une copine, mais ne souhaite manifestement pas aller trop loin sur le chemin de l'engagement. Il représente un peu le trentenaire d'aujourd'hui, éternel ado, insouciant, peu enclin à s'engager. Mais les enquêtes suivantes nous permettent d'en savoir un peu plus sur lui et de le voir évoluer. 
  • Elinborg (une femme, ce que j'ai découvert après une vingtaine de pages...), mère de famille. C'est la figure féminine de l'équipe même si elle est dotée d'un caractère très fort. 


Le décor: l'Islande

A travers ce livre et les suivants, Indridason nous fait découvrir l'Islande, pays dont personnellement, ma connaissance se limite au volcan dont l'irruption a bloqué le trafic aérien il y a quelques années et la chanteuse Björk.

L'Islande n'est pas seulement le lieu où se déroulent les enquêtes d'Erlendur: elle est un personnage à part entière de chacune des histoires. Dans la Cité des Jarres, il est important de se rappeler que l'Islande est un tout petit territoire. C'est ce qui explique qu'une base de données ait pu voir le jour, qui répertorie les maladies orphelines en fonction des filiations: un tel projet serait difficile à mener dans un grand pays mais est crédible dans une petite île comme l'Islande.

La météo est aussi importante dans les romans d'Indridason: il pleut énormément dans ce pays, il fait froid. Et surtout, des gens disparaissent dans des tempêtes de neige, se font surprendre par les conditions météorologiques... ce qui donne lieu à tout un tas de légendes que les gens se racontent au coin du feu.

On découvre également à travers l'oeuvre d'Indridason le peuple islandais, souvent décrit comme pauvre, replié sur lui-même, gardien de ses secrets. Leurs prénoms sont difficiles à apprivoiser, surtout au début, puis on finit par s'habituer !

L'enquête menée dans la Cité des Jarres

Le cadavre découvert par Erlendur et son équipe se trouve être un violeur. L'enquête consistera essentiellement à remonter le passé trouble de cet homme, et à retrouver ses victimes pour découvrir qui a pu l'assassiner froidement. En effet, dans les années cinquante, l'assassin a violé des femmes impunément. L'une d'elle a donné naissance à une petite fille, Audur, qui lui a redonné goût à la vie. Mais la petite meurt à quatre ans d'une tumeur au cerveau, ce à quoi la mère ne survivra pas, préférant se suicider. Aujourd'hui, quelqu'un semble avoir décidé de prendre sa revanche sur cet homme vil qui a causé énormément de mal. 

Il est donc essentiellement question du viol et du silence qui l'entoure généralement, les victimes ayant de grosses difficultés à dénoncer les faits. En plus, dans le cadre de cette histoire, une des victimes a eu le courage d'aller déposer plainte mais a eu le malheur de tomber sur des policiers désinvoltes, qui ont littéralement bâclé l'instruction. Le tout est amplifié par le fait que l'Islande garde bien ses secrets, nos enquêteurs devront donc s'armer de patience pour que les victimes se décident à parler.

Il est également question de la mystérieuse Cité des Jarres, dont je ne dévoilerai pas le sens au risque de vous gâcher la lecture. Disons simplement qu'on touche ici au domaine médical, aux autopsies, aux études de médecine, mais sans toutefois tomber dans le polar médical. Heureusement car ce n'est pas franchement ce que je préfère !

Je n'en dis pas trop sur le fond de l'enquête mais en tous cas, elle est bien menée, avec un bon rythme. L'écriture est efficace, une fois qu'on s'est habitué aux prénoms islandais, on est dedans et on n'a plus envie de lâcher le livre.  


Ce que je retiendrai de ce livre: 

Je suis super heureuse d'avoir découvert cet auteur, et prends un réel plaisir à lire le reste de son oeuvre, à découvrir un peu plus l'Islande et ses mystères glaciaux, à connaitre un peu plus Erlendur et son passé. Les fans de polars nordiques ne peuvent qu'adorer ce livre, je pense !

1 commentaire:

  1. J'ai clairement préféré le suivant : "La femme en vert"... Malheureusement, moi, j'aurais préféré un peu plus de passages médicaux ! =)

    RépondreSupprimer

votre avis m'intéresse !