dimanche 5 janvier 2014

Mon avis sur "Fahrenheit 451", de Ray Bradbury

Fahrenheit 451


Auteur: Ray Bradbury 


Année de parution: 1953


Edition FOLIO SF


Genre: science fiction 

Nombre de pages: 213
lu en: décembre 2013

ma note: 4 sur 5
(bon moment de lecture)

Sur livraddict:  c'est ici

Quatrième de couverture

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial des pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire, au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Mon avis: 

Dans cette société future imaginée par Bradbury, les livres sont interdits. On empêche les gens de penser, de réfléchir, afin d'assurer la paix sociale. Les idées véhiculées dans les livres sont source de questionnements, de tourments. La solution est donc de brûler les livres, ainsi que les maisons dans lesquels ils sont trouvés, voir même leur propriétaire ! 

Privés de débats idéologiques, les gens ont le sentiment de vivre heureux dans cette société en mouvement permanent. Les salons sont ornés d'écran de télévision de la taille des murs, qui diffusent à longueur de journée des vidéos d'acteurs qui interagissent avec vous, au point de vous donner le sentiment qu'ils sont votre "famille", le tout sur fond de matraquage publicitaire. Vous recevez de temps en temps des amis, et avez avec eux des conversations vides de sens, dénuées de toute émotion. Il est interdit de circuler en voiture en moins de 150 km/h. Vous dormez avec des écouteurs radios qui vous permettent de rester en permanence en contact avec le reste du monde. La guerre sévit mais les gens ne s'en préoccupent pas, car elle a lieu loin d'eux, et les médias leur font croire qu'il s'agit de "guerre propre", dans laquelle personne ne meurt (on sent que Bradbury a été marqué par son époque, avec guerre froide et menace nucléaire).

L'auteur se montre réellement visionnaire, puisque aujourd'hui encore, la télévision a pris une place capitale et nivelle bien souvent la culture par le bas (avec les émissions de télé réalité et autres daubes dont on nous abrutit toute la journée), et les passionnés de lecture ne sont pas (assez) nombreux ! Les médias nous manipulent et la publicité est reine... Bradbury cherchait pourtant à mettre en garde ses lecteurs il y a 60 ans contre les dangers d'une telle dérive !

J'ai adoré découvrir ce livre, dont j'avais beaucoup entendu parler. 

La première partie consiste en la prise de conscience du personnage principal, Montag, qui est pompier. Son métier consiste, une fois que des "rebelles" sont balancés par leurs voisins ou amis, à se présenter sur les lieux et à brûler les livres secrètement détenus, mais également la maison du dissident. Un matin où il rentre chez lui, il rencontre Clarisse, une jeune femme à l'esprit libre, qui cueille des fleurs, observe la nature et le questionne sur son métier de pompier, sur le bien fondé de ce qu'il fait, sur sa vie, et lui demande sil est heureux. 

La vie de Montag bascule alors, car il se met à faire son introspection et s'aperçoit de l'absurdité de la vie qu'il mène.

Il retrouve à son domicile sa femme Mildred qui est futile et totalement imprégnée de consumérisme. Ce personnage représente finalement la société contre laquelle Montag va peu à peu se révolter. Montag s'aperçoit que son mariage est dénué de tout sentiment, qu'il ne fait que cohabiter avec cette femme qui n'est pour lui qu'une étrangère.

Le lendemain, Montag et ses collègues sont appelés à intervenir chez un rebelle qui possède des livres. Tandis que tout est incendié, Montag assiste, impuissant, au suicide du propriétaire de ces bouquins qui préfère être brûlé avec eux plutôt que se résigner. Intrigué, vole un livre.

Son chef, qui comprend que Montag traverse une crise existentielle, lui explique pourquoi la société a choisi de brûler tous les livres. C'est sans conteste le passage le plus intéressant du livre. C'est là que Bradbury nous délivre son message visionnaire et nous met en garde contre les dangers d'une société sans livre, sans réflexion, sans intelligence.

Montag fera ensuite la connaissance d'un professeur rebelle, qui l'aidera à s'enfuir de cette ville où, après avoir été dénoncé par sa propre épouse, il est devenu l'ennemi public numéro 1, qu'il faut éliminer à tout prix ! 

Après avoir été pourchassé au péril de sa vie, Montag réussira à fuir aux alentours, où il rencontrera un groupe d'intellectuels qui vit retranché, à l'abri de la dictature de la consommation. Chacun a mémorisé un classique de la littérature et est devenu une sorte de "mémoire vivante", qui en transmettant son savoir, donne l'espoir de reconstruire une nouvelle société, qui n'aurait pas oublié son passé et tirerait les leçons de ses erreurs. Finalement il s'agit d'une fin optimiste, basé sur la foi en l'homme et en son désir de liberté et de culture. 

Ce que je retiendrai de ce livre:


  • un livre qui nous met en garde contre les dérives d'une consommation de masse, du matraquage publicitaire et du contrôle des médias
  • un auteur visionnaire, dont le style s'adapte à l'histoire qu'il nous raconte. Les phrases d'enchaînent à un rythme effreiné, les informations sont diffusées en masse, si bien qu'il faut parfois s'arrêter et revenir en arrière pour prendre le temps d'assimiler tous les détails de l'écriture: prendre le temps de réfléchir, ce qu'empêche précisément la société future imaginée par l'auteur 
  • un livre qui se lit vite (213 pages) , peut être un peu trop court à mon goût, mais qui ouvre de vraies pistes de réflexion sur notre société 
Je remercie vivement ma partenaire du challenge Livra'deux pour Pal Addict, qui a sélectionné ce livre pour moi. J'avais prévu, quoi qu'il en soit de le lire puisqu'il était dans ma PAL depuis longtemps, mais grâce à ce challenge et au choix d'Ethernya, j'ai terminé en beauté l'année 2013 en découvrant ce classique de la littérature SF qui m'a ouvert l'esprit



1 commentaire:

  1. salut ! wouah, ça m'a l'air bien comme lecture. J'aimerai bien le lire. Merci pour ce descriptif. Moi, le dernier livre que j'ai lu c'est le livre de Nicolas Bedos (dans l'onglet : j'me divertis). Bises.

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