jeudi 12 décembre 2013

Mon avis sur "Tu ne te souviendras pas", de Sebastian Fitzek

Tu ne te souviendras pas
(VO: Das Kind)


Auteur: Sebastian Fitzek

Année de parution: 2009

Editions: VDB

Genre: thriller


Nombre de pages: 534

lu en: novembre 2013

emprunt médiathèque

ma note: 2 sur 5
(livre peu abouti)
Sur livraddict:  c'est ici

Quatrième de couverture

J'ai 10 ans...et j'ai tué 7 personnes !

Célèbre avocat berlinois, Robert Stern a rendez-vous  avec l'une de ses anciennes maîtresses sur une friche industrielle. Elle vient accompagnée de Simon, 10 ans, qui s'accuse de meurtres perpétrés quinze ans plus tôt ! Inconcevable. Et pourtant, sur les indications du garçon, Stern découvre un premier cadavre, celui d'un homme que Simon prétend avoir assassiné à coups de hache... 
Tout aussi incroyable: un DVD que Stern reçoit le lendemain, une vidéo récente, montrant, en pleine santé, son fils qu'il croyait mort.
Hallucination ? Manipulation? Délire paranoïaque? Toutes les certitudes de Stern viennent de voler en éclats. Et cette voix qui lui demande: croyez vous en la réincarnation ? 

Né en 1977 à Berlin où il réside, Sebastian Fitzek est le nouveau prodige allemand du suspense psychologique. Thérapie, son premier roman, a rencontré un véritable succès en Allemagne et das les 24 pays où il a été traduit .

Mon avis: 

C'est justement du fait du succès de Sebastian Fitzek, qui s'est imposé dans les rayons "thrillers" de la librairie que je fréquente, que j'ai eu envie de découvrir son univers. J'en ai beaucoup entendu parler, notamment, lorsque j'ai lu Puzzle de Franck Thilliez il y a quelques semaines, et que de nombreux lecteurs rapprochaient ce livre du "Briseur d'âmes" de Fitzek. Comparer Fitzek à Franck Thilliez? Il fallait ABSOLUMENT que je découvre si cet allemand était à la hauteur !

Le résultat est un peu en demi-teinte et je le regrette. Dans ce livre, un célèbre avocat se retrouve à enquêter sur un jeune garçon de 10 ans, gravement malade, qui s'accuse de meurtres commis avant sa naissance, mais dont il connait les moindres détails. Si dans un premier temps Stern refuse d'y croire et en veut beaucoup à son ex de lui avoir présenté "de force" cet enfant, il comprend vite qu'il va devoir le protéger du monde extérieur et surtout de lui-même, et découvrir quel mystère se cache derrière cette histoire: l'enfant est-il manipulé? est-il la réincarnation d'un tueur en série ? 

La relation entre l'homme et l'enfant m'a fait penser au film "Sixième Sens". 
Il y a beaucoup de tendresse et de pudeur entre ces deux personnages. 

Cependant, en ce qui me concerne, je ne suis pas parvenue à entrer dans l'histoire, à frissonner, à ressentir le suspense. A vrai dire, j'ai trouvé qu'il y avait de nombreux manques dans le scénario, et ça m'a empêché d'"adhérer" à l'histoire.

Ne serait-ce que les circonstances dans lesquelles la vie de cet avocat va basculer du jour au lendemain, du fait de sa rencontre avec cet enfant hors du commun: en fait, c'est Karine, l'ex de l'avocat, qui est infirmière qui s'est prise d'affection pour Simon, un patient de l'hôpital. Cet enfant, exceptionnellement sensible et intelligent, conscient que sa mort est proche, lui a demandé, pour son dixième anniversaire, un cadeau un peu spécial: une séance d'hypnose, qui lui permettrait, comme c'est la "mode du moment", de découvrir ce qu'il a accompli dans ses vies antérieures. C'est précisément cette séance d'hypnose qui semble avoir déclenché chez Simon ces horribles visions de cadavres dont il s'accuse des meurtres. 
Effrayée, et rongée par la culpabilité, Karine décide de contacter Robert, son ex, qui est avocat, et à qui elle demandera de "défendre" Simon comme client, puisque celui-ci s'accuse de meurtres et veut se constituer prisonnier. 

Vraiment, je trouve que ces circonstances sont tout à fait invraisemblables! A aucun moment, on n'a l'impression que Simon est un enfant de dix ans. Il est décrit comme une personne mature, avec un grand sens de la justice, de la morale, etc. ce qui s'explique essentiellement par la maladie dont il est atteint et qui l'aurait rendu "plus mature" que la normale. Certes... mais il y a, dans ce cas, beaucoup à redire quant à la maturité des adultes qui l'entourent. L'infirmière qui offre une séance d'hypnose à un enfant de 10 ans sur le point de mourir... Je trouve cette idée "tirée par les cheveux". L'auteur aurait pu, je pense, trouver une autre explication au comportement cauchemardesque de Simon et un autre prétexte à sa rencontre avec le personnage principal, l'avocat. 

Il y a encore tout un tas d’invraisemblances qui ponctuent le déroulement de l'histoire et qui m'ont profondément dérangée. Au cours de l'enquête, Stern décide d'infiltrer un réseau de pédophiles et se fait passer, lui même, pour un père de famille qui marchande les services sexuels de son enfant, en la personne de Simon, qu'il emmène chez un couple de pervers amateurs d'enfants et l'expose ainsi à un grave danger, au point que le pauvre Simon manque de justesse de se faire violer. C'est tout à fait inadmissible et irrationnel, et j'étais révulsée à l'idée qu'un adulte puisse avoir une attitude aussi désinvolte dans le but d'obtenir des informations pour faire avancer son enquête. En utilisant ce pauvre gosse et en l'exposant à un tel risque, le personnage de Stern est devenu définitivement antipathique à mes yeux et je l'ai détesté. 

Que dire du groupe d'adultes composé de Stern, Karine, mais aussi quelques personnes qui les aident dans leur enquête, qui se mettent à trimbaler en voiture d'une ville à l'autre, le pauvre gosse, qu'ils ont "enlevé" de l'hôpital alors qu'il a besoin de soins médicaux et fait des crises d'épilepsie régulièrement, nécessitant l'intervention en urgence de l'infirmière ?...


Pourtant, au début du livre, j'avais beaucoup de compassion pour le personne principal, Robert Stern. C'est un homme brisé, qui a du faire le deuil de son enfant dix ans auparavant, et qui a perdu sa femme, qui a préféré refaire sa vie avec un autre homme. Il vit dans une profonde solitude, dans un appartement vide, dénué de tout effet personnel. Il s'est réfugié dans son travail, et occupe le peu de temps libre qui lui reste à visionner des DVD qu'il loue à distance. C'est d'ailleurs à cette occasion qu'il recevra un mystérieux DVD, sur lequel une voix OFF lui révèlera que son fils n'est pas mort, images à l'appui. Le deal: pour connaitre la vérité sur son propre fils, Stern devra accepter d'enquêter sur Simon et de découvrir ce qui se cache derrière les meurtres dont l'enfant s'accuse. 


Sur ce point, j'avoue que le mystère a bien opéré sur moi. J'étais curieuse de savoir si le fils du personnage principal était toujours vivant, et comment il avait été possible qu'il survive et soit recueilli par une autre famille alors que Stern décrivait précisément les circonstances de son décès (la mort subite du nourrisson). L'explication finale tient debout, heureusement. 


Pour autant, ce personnage d'avocat prêt à tout pour parvenir à ses fins n'a pas emporté mon assentiment jusqu'à la fin de l'histoire. De ce fait, j'ai lu ce livre un peu "à distance", sans vraiment être imprégnée, sans m'engager. 


C'est dommage car Fitzek a finalement un style assez fluide, qui se lit très facilement, il décrit bien le caractère de ses personnages. Je pense qu'il faudra que je lui donne une autre chance en lisant un autre de ses livres, qui sera, je l'espère, plus abouti. 



Ce que je retiendrai de ce livre: 

bof bof... une lecture qui ne m'a pas emportée du fait de nombreuses invraisemblances dans le scénario, malgré un bon rythme et une écriture agréable. 

1 commentaire:

  1. Merci pour ta chronique détaillée et bien écrite.
    Heureusement que je suis passée par là, car ce livre me faisait vraiment de l'oeil moins une et je l'aurai acheté ouuuuf son titre m'avait attiré mais là franchement je suis entrain de reconsidérer la chose.
    Quand on est déçu d'un bouquin on est bien content que ça soit un emprunt :-) heureusement que ce fut le cas pour toi.

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