dimanche 17 février 2013

Je contrôle tout (enfin presque), de Hélène Polle

Je contrôle tout (enfin, presque)

Auteur: Hélène Polle

Année de parution: 2004

Editions: Carnot - les Cygnes

Genre:  roman
Nombre de pages: 303
lu en: février 2013

Acheté: 3 euros sur une brocante

ma note:   1 sur 5
(sitôt lu, sitôt oublié)

Sur livraddict:  n'existe pas

Quatrième de couverture

"Comment faire comprendre:
- au père de vos enfants, qu'une cocotte minute se porte rarement autour du cou, par contre, des diamants...
- à votre fille de 17 ans, qui rêve de tenir un bistrot, qu'une licence IV, ce n'est pas mal, mais qu'un diplôme de kiné, c'est bien aussi
- à votre chien, que le canapé ne pourra jamais être le prolongement naturel de sa vessie...
Il faut se rendre à l'évidence, la réalité n'est pas toujours conforme à nos attentes.

L'auteur brosse un tableau réjouissance de la vie de famille. C'est aigu. C'est tonique. C'est drôle."

Mon avis: 

Ce 4ème de couverture m'a donné envie de lire ce roman, qui apparaissait comme une douce comédie sur la vie de famille. Malheureusement, je sors de cette lecture avec un certain malaise.  

Si je dois résumer l'histoire (qui n'en est pas vraiment une en fait...),il s'agit d'une femme de 44 ans, fonctionnaire, mère de trois enfants, en couple avec Luc, un homme d'affaire autoritaire et moqueur, qui pendant tout ce livre, nous dépeint son quotidien lamentable en essayant d'y insuffler des traits d'humour pour que le tout nous semble moins déprimant. 

Son mec (avec qui elle n'est pas mariée, mais c'est tout comme) est par bien des aspects détestable. Il ne fait que la rabaisser par des remarques sur son poids ou sur son physique, il n'est jamais d'accord avec elle. Il déteste même le chien qu'elle et les enfants ont décidé d'accueillir dans leur foyer. Certes, il lui offre pour son 45ème anniversaire une bague splendide et hors de prix dont elle rêve depuis des mois, ce qui lui suffit, semble-t-il, à être comblée de bonheur. 

Plus choquant encore, elle subit les besoins sexuels de son mari comme une véritable corvée, le décrivant comme une espèce de prédateur viril auquel elle tente à tout prix d'échapper comme une pauvre proie, en allant se coucher plus tôt que lui, ou en se couchant beaucoup plus tard en essayant de ne pas le réveiller. A aucun moment, il n'est fait état d'un moment de communion dans ce couple, d'une osmose, d'une relation sexuelle née d'un désir mutuel. Elle le subit systématiquement. Charmant, n'est-ce pas?

Alors on se dit en lisant ce livre, qu'elle va à un moment avoir une prise de conscience de ce qu'elle s'est reniée en tant que femme, de ce qu'elle n'a plus de respect pour elle-même. On espère qu'elle va se réveiller, se décider à perdre ses kilos superflus, à se sentir belle et digne d'amour, digne de respect, qu'elle va mettre les points sur les i à son mec et lui dire une bonne foi pour toutes qu'elle n'est pas sa bonne... En vain. 

En fait, ce livre n'est qu'une succession de petites anecdotes sur le petit entourage étriqué de l'héroïne.

Sa fille de 17 ans, qui reste hésitante sur son avenir professionnel, connait sa première peine de coeur, avec un type plus vieux avec qui elle couche et qui la jette aussitôt. Inquiétude d'une mère qui apprend que sa fille a le coeur brisé mais surtout qu'elle a eu un rapport sexuel non protégé. On apprend ensuite que le bilan de santé ne montre rien d'alarmant, ouf, on respire et on passe aussitôt à autre chose. 

Sa fille de 12 ans, qui se montre irascible et peu causante, révèle à un psy qu'elle considère sa mère comme l'unique responsable de son mal être . Une fois que la mère s'est pris cette nouvelle dans la tronche, elle fait son mea culpa à sa fille en lui rappelant combien elle l'aime et combien elle est désolée si elle a commis des erreurs: là encore, rideau, on passe à autre chose.

Un voyage d'une semaine en Tanzanie avec un couple de parents d'élèves se révèle une véritable corvée, pour cette mère de famille totalement en manque de ses enfants, accompagnée de son mec qui ne pense qu'à la sauter et l'humilie constamment par de petites remarques acerbes devant l'autre couple qui semble nager dans le bonheur.  

On espère un rebondissement, notre héroïne pensant avoir découvert que son mec la trompe avec sa meilleure amie...mais finalement non: la meilleure amie en question était en fait amoureuse du collègue de travail de Luc, lui même déjà en couple. Un adultère, d'accord, mais seulement si ce n'est pas votre mec qui vous trompe !

L'héroïne aura elle-même l'occasion de tromper son mec, mais s'y refusera finalement. Conscience oblige. Là encore, on pouvait espérer que cette rencontre avec un gentleman la fasse réagir et changer de vie: mais non! faux espoir! 

De ce fait, je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir. Cette femme a une vie qui ne la satisfait pas, elle passe le roman entier à se plaindre, jusqu'à la dernière ligne (parce que son horrible mec refuse à se décider à lui demander sa main), mais ne fait cependant rien pour que les choses changent. Elle semble même se complaire dans ce rôle de maman souffre-douleur, et de femme bafouée. 

Je ne me suis pas du tout identifiée à ce personnage. Et d'ailleurs, tant mieux. Je plains sincèrement les lectrices qui se sentiront proches de cette femme! J'ai éprouvé de la compassion pour elle à de maintes reprises mais finalement, sa complaisance et son laxisme m'ont énervée! Je ressors donc très déçue de cette lecture qui s'annonçait pourtant assez rafraîchissante  il ne faut pas toujours se fier au 4ème de couverture ! 


Ce que je retiendrai de ce livre: 

C'était une daube, et je suis contente de ne pas l'avoir payé cher. Le seul problème, c'est qu'avec cette chronique désespérante, je risque d'avoir du mal à le refourguer à quelqu'un pour faire de la place dans ma bibliothèque !

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